Culte des Rameaux 05.04.2020

Culte préparé à plusieurs voix en ce temps de confinement.

 

Accueil           (proposé par Axel Weytens avec Daphnée) audio1

Bonjour à tous en ce jour des Rameaux.

Nous ne nous voyons pas, nous ne nous entendons pas, pas plus que nous ne voyons ni n’entendons en ce jour le Christ monter vers Jérusalem. Mais est-ce si grave ? Nous pouvons imaginer Jésus, sur son petit âne gris, avançant sur un chemin couvert de palmes vertes, passant entre les maisons faites de briques d’argile rouge, et saluant d’un sourire ceux qui le regardent passer.. Nous pouvons aussi imaginer notre petite assemblée, dans notre temple de pierre blonde, avec la haute chaire de bois foncé. Nous pouvons en pensée nous sourire les uns aux autres, et nous réjouir de ce moment que nous allons passer ensemble, sous le regard de l’Eternel.

Où que nous soyons Dieu, nous accueille et nous réunit. Quel que soit l’état du monde et ses dangers, Dieu renforce en nous l’espoir. Puisse aujourd’hui le Seigneur être présent parmi nous, au sein de notre famille fraternelle réunie par Son Esprit. Puisse le Seigneur entendre avec joie notre célébration et notre louange.

Louange         (proposée par Axel Weytens)  Nous nous recueillons pour louer le Seigneur avec le psaume 148.

Louez le Seigneur du haut des cieux,
Louez-le dans les hauteurs.
Vous tous, les anges de ses armées célestes, louez-le,

Louez-le aussi, tous les cercles du ciel.

Où tournent sans fin le soleil et la lune,
et tous les astres de lumière ;

Louez le, vous les eaux d’en haut, qui remplissez la voute céleste
Et encore au-delà

Dans les cieux des cieux, que tout le loue

Sur terre, louez-le-vous aussi

Monstres des eaux d’en bas, créatures des profonds abîmes;
Quant à vous, feu et grêle, neige et brouillard, pluies et vents,

apportez sa louange !

Car toute chose porte en elle le nom du Seigneur:
Sur son ordre tout fut créé ;
c’est lui qui posa ce monde ici , et pour toujours
Louez le Seigneur, car rien de ce qui se tient sous sa loi, ne disparaîtra.

Amen

Cantique (AEC) 441

1.Hosanna, Hosanna ! Jérusalem en fête

Accueille à très grands cris le Messie des prophètes,

Le Fils du roi David, l’envoyé du Très-Haut

Qui vient pour commencer un temps enfin nouveau.

2.Hosanna, Hosanna ! Il vient sans apparence ;

Sa gloire éclatera au fort de sa souffrance.

Le Fils du Dieu vivant, le puissant Roi des rois

Règnera sur nous tous en mourant sur la croix.

3.Hosanna, Hosanna ! Chantons d’un coeur fidèle

Le plus grand des amours et la joie éternelle.

Jésus le crucifié, le roi plein de douceur,

Dans son humilité devient notre Seigneur.

Repentance               (proposée par Daniel Dispa)

Seigneur, l’acclamation de la foule à l’entrée de Jérusalem masque difficilement la violence qui te brisera.

Aujourd’hui, dans nos villes, nos quartiers, nos familles, par des paroles, des gestes, par des discours et des images, la violence gagne du terrain, se banalise et nous défigure. Par peur, par résignation, je fais comme si de rien n’étais. Seigneur, pardonne.

Aujourd’hui, au plus profond de moi, la violence accomplit son œuvre de destruction par les barrières que j’érige, les dominations que je maintiens et par le mal que je ne voudrais pas faire, je m’habitue. Seigneur pardonne.

Aujourd’hui, sur tous les continents la torture, la guerre, la pauvreté accomplissent leur œuvre de destruction. Des hommes, des femmes, des enfants sont défigurés, brisés, crucifiés. Par lassitudes et faiblesse, je m’habitue. Seigneur, pardonne.

Donne-nous la passion des gestes qui font vivre, le courage et la compassion, l’envie de marcher sur les chemins risqués du refus de l’indifférence et de la violence. Amen.

Cantique 602 (AEC)

1.Oh ! prends mon âme,

Prends-la, Seigneur,

Et que ta flamme

Brûle en mon coeur.

Que tout mon être

Vibre pour toi.

Sois seul mon maître,

O divin roi.

 Refrain : Source de vie,

De paix, d’amour

Vers toi je crie

La nuit, le jour.

Entends ma plainte,

Sois mon soutien.

Calme ma crainte,

Toi, mon seul bien.

Chantez avec David le bonheur d’être pardonné (Psaume 32)

Heureux celui que Dieu décharge de sa faute,et qui est pardonné du mal qu’il a commis !

Heureux celui que le Seigneur ne traite pas en coupable,dont l’esprit est sans hypocrisie !

Tant que je ne reconnaissais pas ma faute,mes dernières forces s’épuisaient en plaintes quotidiennes. Car de jour et de nuit, Seigneur, ta main pesait sur moi, et j’étais épuisé, comme une plante s’assèche au plus chaud de l’été.

Mais je t’ai avoué ma faute, je ne t’ai pas caché mes torts. Je me suis dit : « Je suis rebelle au Seigneur, je dois le reconnaître devant lui. »

Et toi, tu m’as déchargé du poids de ma faute.

C’est pourquoi tous ceux qui lui sont fidèles t’adressent leur prière quand ils découvrent leur faute. Si le danger menace de les submerger, ils resteront hors d’atteinte.

Tu es un abri pour moi, tu me préserves de la détresse. Je crierai ma joie pour la protection dont tu m’entoures.

Le Seigneur dit : « Je t’enseignerai, je t’indiquerai le chemin à suivre. Je te donnerai un conseil, je garderai les yeux fixés sur toi : Ne sois pas aussi stupide que le cheval ou le mulet, dont il faut maîtriser les élans avec une bride et un mors ; alors il ne t’arrivera rien. »

Beaucoup de souffrances attendent le méchant, mais le Seigneur entoure de bonté la personne qui lui fait confiance.

Que le Seigneur soit votre joie, vous les justes ; réjouissez-vous, criez votre joie, vous qui avez le cœur droit.

Cantique 602 (AEC) 2

Du mal perfide,

Oh ! garde-moi.

Viens, sois mon guide,

Chef de ma foi.

Quand la nuit voile

Tout à mes yeux,

Sois mon étoile,

Brille des cieux

 Refrain : Source de vie,

De paix, d’amour,

Vers toi je crie

La nuit, le jour.

Entends ma plainte,

Sois mon soutien.

Calme ma crainte,

Toi, mon seul bien.

Annonce de la grâce de Dieu          (proposée par Daniel Dispa)

Entends Dieu, Entends résonner en toi ses paroles d’apaisement :

OUI, avant que tu ne sois un nouveau-né Je pouvais t’appeler par ton nom. Avant que tes proches ne soient émus de ta présence dans leur vie, tu grandissais déjà, béni par ma parole, un « Je t’aime » dit de mille manières. Avant que tes semblables puissent apprécier ce que tu dis et ce que tu fais, Je t’avais pardonné tout ce que tu te reproches car Je suis riche en miséricorde.

Reçois la parole que te dit ton Dieu.  Amen.

Cantique 602 (AEC) 3

Voici l’aurore

D’un jour nouveau.

Le ciel se dore

De feux plus beaux.

Jésus s’apprête ;

Pourquoi gémir ?

Levons nos têtes ;

Il va venir !

Refrain :Source de vie,

De paix, d’amour,

Vers toi je crie

La nuit, le jour.

Entends ma plainte,

Sois mon soutien.

Calme ma crainte,

Toi, mon seul bien.

Prière d’illumination            (proposée par  Dominique Kauffmann)

Avant de lire les écritures je vous invite à la prière afin que cette parole que nous allons entendre ou lire, méditer, nous puissions la recevoir, la croire et la mettre en pratique.

Notre Dieu notre Père, merci pour tout ce que tu nous donnes

Merci pour ces textes de la Bible qui nous font entrer dans cette Semaine Sainte.

Par ton Esprit, rends-nous disponible, ouvre-nos cœurs, nos intelligences à ces lectures, qu’elles deviennent Ta Parole que tu adressent à chacun, Ta Parole pour  nos vies en ces temps difficiles, Ta Parole de Vie. Amen

 Esaie 50,4-7 (TOB)

4   Le Seigneur DIEU m’a donné une langue de disciple : pour que je sache soulager l’affaibli, il fait surgir une parole. Matin après matin, il me fait dresser l’oreille, pour que j’écoute, comme les disciples.

5  Le Seigneur DIEU m’a ouvert l’oreille. Et moi, je ne me suis pas cabré, je ne me suis pas rejeté en arrière.

6  J’ai livré mon dos à ceux qui me frappaient, mes joues, à ceux qui m’arrachaient la barbe ; je n’ai pas caché mon visage face aux outrages et aux crachats.

7  C’est que le Seigneur DIEU me vient en aide : dès lors je ne cède pas aux outrages, dès lors j’ai rendu mon visage dur comme un silex, j’ai su que je n’éprouverais pas de honte.

Philippiens 2,6-11 (TOB)

6  Jésus Christ :lui qui est de condition divine n’a pas considéré comme une proie à saisir d’être l’égal de Dieu.

7  Mais il s’est dépouillé, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes, et, reconnu à son aspect comme un homme,

8  il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, à la mort sur une croix.

9  C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé et lui a conféré le Nom qui est au–dessus de tout nom,

10  afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse, dans les cieux, sur la terre et sous la terre,

11  et que toute langue confesse que le Seigneur, c’est Jésus Christ, à la gloire de Dieu le Père.

 

Matthieu 21,1-11 (TOB)

1          Lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem et arrivèrent près de Bethphagé, au mont des Oliviers, alors Jésus envoya deux disciples

2  en leur disant : « Allez au village qui est devant vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et un ânon avec elle ; détachez–la et amenez–les–moi.

3  Et si quelqu’un vous dit quelque chose, vous répondrez : Le Seigneur en a besoin, et il les laissera aller tout de suite. »

4  Cela est arrivé pour que s’accomplisse ce qu’a dit le prophète :

5  Dites à la fille de Sion : Voici que ton roi vient à toi, humble et monté sur une ânesse et sur un ânon, le petit d’une bête de somme.

6  Les disciples s’en allèrent et, comme Jésus le leur avait prescrit,

7  ils amenèrent l’ânesse et l’ânon ; puis ils disposèrent sur eux leurs vêtements, et Jésus s’assit dessus.

8  Le peuple, en foule, étendit ses vêtements sur la route ; certains coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route.

9  Les foules qui marchaient devant lui et celles qui le suivaient, criaient : « Hosanna au Fils de David ! Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient ! Hosanna au plus haut des cieux ! »

10  Quand Jésus entra dans Jérusalem, toute la ville fut en émoi : « Qui est–ce ? » disait–on ;

11  et les foules répondaient : « C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. »

Méditation                 (proposée par Christiane Lecarpentier Nyangono)

Méditation Matthieu 21, 1-11 pour les rameaux 2020 : il vint un homme assis sur une ânesse plutôt sur un ânon, et la face du monde en fut changée.

Jésus a commencé sa marche vers Jérusalem, le lieu où il va vivre sa passion et où son entrée sera qualifiée de triomphale, Matthieu met l’accent sur un animal qui sera le fil rouge de notre méditation. A proximité de Sion, il envoie deux disciples en mission : « Allez au village qui est devant vous, vous trouverez aussitôt une ânesse attachée, et un ânon avec elle ; détachez-les, et amenez-les moi.». Les disciples amènent donc l’ânesse et son petit, ils posent dessus leurs vêtements et Jésus s’assied dessus ; image bien compliquée à imaginer, les deux bêtes n’étant pas de la même hauteur. Matthieu est le seul évangéliste qui rapporte ce détail, les autres ayant fait le choix de parler directement de l’ânon. Tout d’abord, pourquoi choisir un âne plutôt qu’un cheval qui lui aurait apporté du prestige ? Pourquoi un ânon plutôt qu’un âne ou une ânesse plus solide. Pourquoi l’ânesse et l’ânon en même temps? Pourquoi cette soudaine agitation, cet émoi dans la ville? Mais qui donc a alerté et expliqué ce qu’il se passait? Et nous quelle est notre place dans cette histoire ?… Mais avant d’aborder quelques un des aspects évoqués, replongeons-nous quelque peu dans la Jérusalem de l’an 33 de notre ère et ce qui permet à la ville de fonctionner en maintenant un certain équilibre. Nous sommes en pleine période de ce que des historiens ont appelé la Pax Romana (1er et 2ème s) ; une paix imposée par Rome à des territoires conquis et pacifiés, et aussi et surtout qui s’assure qu’il n’y a pas de velléités d’indépendance, ni de concurrence à Rome et surtout que les divinités locales ne représentent aucun danger pour Rome. Pour veiller à la bonne marche des territoires, chaque province a à sa tête, un gouverneur romain. En l’an 33, c’est Pontius Pilatus, nommé à ce poste par l’empereur Tibère.

Pour vivre leur foi, les juifs vivent sous un second gouvernement qui est religieux. Le Sanhédrin, le grand conseil, l’instance judicaire et grand garant de la doctrine et des pratiques du judaïsme est composé de deux principales chambres ; à savoir les sadducéens dans les rangs desquels se trouvent le grand-prêtre et autres dignitaires d’Eglise qui ne respectent que la Torah, ne croient pas à la résurrection et pèsent sur le peuple, plus que ne le fait Rome qui est pour eux un allié. L’autre chambre est celle des pharisiens, c’est-à-dire des séparés, des gens dont l’objectif est de vivre séparé du péché, par une connaissance de la loi ainsi que des pratiques religieuses contraignantes. Ils croient en la résurrection des morts et c’est surtout à eux que Jésus s’adressera quand il se retrouvera devant le Sanhédrin.

Le peuple lui, vit pris en étau entre les impôts pour l’occupant romain et  d’autres contraintes vis-à-vis des autorités religieuses. Son quotidien est semblable à celui des peuples vivant sous l’occupation. D’où un profond désir de libération. Surtout qu’un messie avait été promis au peuple… Des générations se succédaient et l’espoir laissait place à une lassitude et une résignation. La vie suivait son cours tant bien que mal.

Puis ce jour-là arrive un homme qui va tout bouleverser :Yéroushalaïm, ville de paix, est en ébullition, rien ne va plus. On imagine les autorités religieuses surprises et paniquées, elles qui auraient dû être les premières à reconnaître le Messie sont évincées par la foule qui a pris les devants, qui le bénit de la bénédiction des prêtres et le célèbre déjà. Que vont-elles dire au gouverneur à qui elles avaient pourtant affirmé que leur Dieu n’était pas un roi et ne représentait aucun danger pour Rome ? On peut aussi imaginer Ponce Pilate furieux, sommant les autorités de lui fournir des explications ; on lui avait promis qu’il n’y aurait jamais de concurrence avec le pouvoir politique, aussi bien à Jérusalem qu’à Rome. Alors, ce roi acclamé ?… Par un effet de domino, Jésus va insuffler un mouvement qui est arrivé jusqu’à nous, après bien des péripéties et toujours de manière personnelle. Mais qui entra à Jérusalem ce jour-là ? Etait-ce un roi libérateur? Alors il aurait dû arriver sur un cheval bien harnaché, entouré de soldats armés jusqu’aux dents. Seulement voilà, il a choisi un âne. En l’an 33 de notre ère, il y avait longtemps que les rois n’utilisaient plus l’âne comme monture. David, 2ème roi d’Israël, se déplaçait à dos d’âne. Lorsque le roi Salomon son fils, préféra le cheval afin de donner un certain cachet à son règne fastueux, on retint avec nostalgie que l’âne était la monture de David. L’âne dans la Bible : il y a 90 occurrences et 5 termes hébraïques pour le désigner, ce qui montre son importance.  En dehors de son caractère réputé têtu, c’est un animal qui rend le plus de service à l’humain et qui rappelle quelque peu l’enseignement de Jésus. A titre d’exemples : -Proximité : tout au long de son ministère, Jésus est près de ceux qui ont le cœur brisé et l’esprit abattu. -Humilité : l’apôtre Paul rappelle aux Philippiens (Ph 2, 6-11) « lui qui était de condition divine, il a choisi la condition de serviteur ». -L’âne comme bête de somme : Jésus dit : « venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, je vous donnerai du repos » (Mt 11, 28), ou encore : Il a « porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois » (1 Pierre 2, 24). -L’âne comme monture du roi David : c’est un aspect très important. C’est le signe qu’on attendait : « Sois transportée d’allégresse, fille de Sion! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem! Voici, ton roi vient à toi; Il est juste et victorieux, Il est humble et monté sur un âne, Sur un âne, le petit d’une ânesse.» (Zacharie 9, 9). La présence de l’âne inscrit Jésus en droite ligne dans la tradition des rois de Juda, dans la lignée symbolique de David, lignée de laquelle devait être issu le Messie, selon la tradition hébraïque, d’où son titre de « fils de David », autrement dit, roi messianique promis.

C’est donc l’âne, l’animal qui ce jour-là changea la face du monde

Elle ne s’y trompe pas la foule qui reconnaît là le signe du messie, un roi de la lignée de David, le libérateur. Et le peuple longtemps comprimé laisse exploser son ras le bol ; ose crier tout haut ce qu’il endure depuis si longtemps, et contemple ce qu’il espère depuis si longtemps. Hosanna, viens en aide, au secours ; comme lorsqu’on voit arriver un défenseur et que la parole se libère enfin. On étale des vêtements par terre pour que son pied ne foule pas un sol impur, on agite des palmes en signe de victoire, de louange, on pousse des cris de joie même si quelques voix se demandent si ce n’est pas plutôt un prophète…

Mais tout à leur joie, ils n’ont pas été attentifs à un détail capital : ce n’est pas sur un âne qu’il entre à Jérusalem, mais sur un ânon, qui dit la nouveauté. Autrement dit, il est roi descendant de David, certes, il vient libérer et inaugurer une ère nouvelle, ère de paix, mais comme il le dit, son royaume n’est pas de ce monde, il n’est pas temporel. Pour l’évangile de Matthieu qui s’adresse d’abord aux juifs, il est important pour lui de montrer qu’il n’y a ni table rase, ni rupture avec les écrits anciens mais que c’est bien une continuité. En montrant Jésus entrant à la fois sur l’ânesse (l’ancienne alliance) et l’ânon (la nouvelle alliance), Matthieu rejoint la pensée de Jésus pendant tout son ministère : « ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes, je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir » (Mt 5, 17). Mais qui dit dans le même temps : « vous avez appris qu’il a été dit…mais moi je vous dis… » (Mt 5, 38). Malentendu de la foule qui attend un roi politique venu mettre fin à l’occupation romaine et peut-être reprendre la main sur le clergé local. Est-ce la raison pour laquelle, certains parmi eux, déçus crieront « crucifie-le ? Ils n’ont pas remarqué ce détail, ne pouvaient pas imaginer la suite, mais qu’en est-il de nous ? Comment allons-nous entrer dans cette semaine sainte, à cheval avec tous les dégâts liés à un désir de puissance de pouvoir aussi bien dans notre monde qu’en Eglise ? Allons-nous faire de Jésus une idole taillée à la dimension de nos ambitions propres. Ou alors allons-nous y entrer dans l’humilité de l’âne, ou mieux encore de l’ânon qui fut  détaché afin de nous révéler à nous-mêmes et nous inviter à entrer dans une ère nouvelle. A chacun chacune d’essayer d’y répondre.

Amen. 

Nous pouvons imaginer que nos amis les ânes prient aussi…  Prière des ânes

Donne-nous Seigneur de garder les pieds sur terre…
Et les oreilles dressées vers le ciel pour ne rien perdre de ta parole.
Donne-nous Seigneur, un dos courageux…
Pour supporter les hommes les plus insupportables.
Donne-nous, d’avancer tout droit
En méprisant les caresses flatteuses, autant que les coups de bâton.
Donne-nous, Seigneur d’être sourd aux injures et à l’ingratitude…
C’est la seule surdité que nous ambitionnons.
Ne nous donne pas d’éviter toutes les sottises,
Car un âne fera toujours des âneries.
Donne-nous simplement, Seigneur,
De ne jamais désespérer

De ta miséricorde si gratuite
Pour ces ânes si disgracieux que nous sommes…
D’après ce que disent les pauvres humains qui n’ont rien compris
Ni aux ânes,
Ni à toi, qui as fui en Egypte avec un de nos frères,
Qui as fait ton entrée prophétique à Jérusalem
Sur le dos d’un des nôtres.  Amen

Cantique 777 (AEC) Quand Jésus entre à Jérusalem

1 Quand Jésus entre à Jérusalem,

Monté sur un petit âne,

Le monde vient pour l’acclamer

Et chanter sur son passage.

Refrain:

Peuple de Dieu, voici ton Roi.

Très humblement, il vient vers toi.

Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.

Chantons à pleine voix, de tout notre cœur.

Hosanna, gloire au Fils de Dieu !

Hosanna, au plus haut des cieux.

Hosanna, Hosanna, Hosanna,

Hosanna, Hosanna, Hosanna.

2 La foule étale des vêtements,

Des palmes et des feuillages ;

Chacun agite dans ses mains

Des rameaux et des branchages.

3 ‘Quel est cet homme ?’disent les gens.

‘C’est notre ami, le prophète.

Dans quelques jours ils vont crier :

‘Sur la croix il faut qu’il meure !’.

Confession de foi                  (proposée par Pierre-Antoine Maignier)

Nous croyons en Dieu.

Malgré son silence et son secret, nous croyons qu’Il est vivant.

Malgré le mal et la souffrance, nous croyons qu’Il a fait le monde pour le bonheur de la vie.

Malgré les limites de notre raison et les révoltes de notre cœur, nous croyons en Dieu.

Nous croyons en Jésus-Christ.

Malgré les siècles qui nous séparent du temps où il est venu, nous croyons en sa Parole.

Malgré nos incompréhensions et nos refus, nous croyons en sa résurrection.

Malgré sa faiblesse et sa pauvreté, nous croyons en son règne.

Nous croyons en l’Esprit saint.

Malgré les apparences, nous croyons qu’il conduit l’Eglise.

Malgré la mort, nous croyons à la vie éternelle.

Malgré l’ignorance et l’incrédulité, nous croyons que le Royaume de Dieu est promis à tous. Amen.

Prière d’intercession            (proposée par Dominique Kauffmann)

Notre Dieu, notre Père nous voulons te dire merci.

Merci pour ta Parole.

Merci pour ton Fils Jésus Christ acclamé puis condamné, mort et ressuscité.

Par lui chacun peut devenir ton enfant, confiant en ton amour.

C’est avec cette confiance que nous pouvons nous tenir debout devant la souffrance et le mal et te prier les uns pour les autres, les uns avec les autres.

 

Nous te prions pour les malades, et ceux qui soignent. Par ton amour apprends-nous des gestes qui soutiennent.

Nous te prions pour tous ceux qui ont perdu un proche. Par ton amour inspire-nous une écoute qui console.

Nous te prions pour tous ceux qui ont peur. Par ton amour inspire-nous une attitude qui rassure.

Nous te prions pour tous ceux qui sont en colère. Par ton amour fais de nous des artisans de paix.

Nous te prions pour tous ceux qui sont résignés. Par ton amour permets-nous de les relever.

De proche en proche, de village en cité, nos prières dépassent les communautés et les frontières, nous te prions pour le monde, et ensemble du fond de nos cœurs :

Notre Père qui es aux cieux,

que ton nom soit sanctifié,

que ton règne vienne,

que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ;

pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.

Ne nous laisse pas entrer en tentation

mais délivre-nous du mal,

car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire,

aux siècles des siècles. Amen.

 

Envoi et Bénédiction                                    (proposée par Pierre Gérard) audio 4

N’attristez pas l’Esprit de Dieu, par lequel vous avez été́ scellés pour le jour de la rédemption.

Que toute amertume, animosité́ et colère, soient bannies du milieu de vous.
Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Gal 5,14)

Montrez-vous bons et compatissants les uns envers les autres, vous pardonnant réciproquement comme Dieu vous a pardonné en Christ.

Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté.

La Grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit sont avec vous tous, dès maintenant et à jamais.   Amen.

Cantique 616 (AEC)            Confie à Dieu ta route 1,4

1.Confie à Dieu ta route,

Dieu sait ce qu’il te faut ;

Jamais le moindre doute

Ne le prend en défaut.

Quand à travers l’espace

Il guide astres et vents,

Ne crois-tu pas qu’il trace

La route à ses enfants ?

4.Bénis, ô Dieu, nos routes,

Nous les suivrons heureux,

Car toi qui nous écoutes,

Tu les sais, tu les veux.

Chemins riants ou sombres,

J’y marche par la foi :

Même au travers des ombres,

Ils conduisent à toi

 

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